Le mot de Jean Léo DUGAST
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Les restaurateurs de nature.

Ils sont très actifs au sein des zones boisées d’Europe de l’ouest, en France, en Belgique, en Allemagne, en Suisse, au Luxembourg. Leur appellation officielle de débardeur avec des chevaux de trait ne donne qu’une idée limitée de leurs activités.
Si le débusquage de grumes de résineux et de feuillus fait toujours partie de leurs attributions, ils ont investi de nouveaux champs d’action en relation avec la préservation de zones écologiquement fragiles.

Après la tempête de 1999, à l’origine d’un réveil des consciences, les débardeurs à cheval se sont résolument tournés vers l’avenir. La préservation des espaces naturels et une approche plus respectueuse de l’environnement sont au coeur de leur action.
Promus restaurateurs de nature, on les trouve occupés à la réhabilitation de zones sensibles, comme le lit des rivières, les vallées encaissées, les fortes pentes, les zones humides, les tourbières, les sols sablonneux, les zones boisées périurbaines.


Les débardeurs et leurs chevaux interviennent souvent sur des terrains où la nature a été mise à mal par manque d’entretien ou à cause de catastrophes naturelles.
Là où des engins motorisés occasionneraient des dégâts importants, le cheval effectue son travail d’entretien avec délicatesse, sans laisser de traces disgracieuses ou polluantes de son passage.
Face à la montée des menaces environnementales comme le réchauffement de la planète, face à la raréfaction des énergies fossiles et à la nécessité de recourir à des énergies renouvelables, le débardage à cheval offre une alternative viable au tout mécanique sur des zones sensibles.

La notion de gestion raisonnée fait désormais partie du vocabulaire des techniciens paysagers et des forestiers qui sont plus nombreux à se poser la question des moyens les mieux adaptés à mettre en oeuvre pour l’entretien des espaces naturels et boisés.
Hommes de l’ombre, solitaires par obligation, les débardeurs à cheval entretiennent une relation forte, basée sur le respect et la confiance, avec leurs animaux de travail. Qu’ils soient de races ardennaise, percheronne, comtoise, brabançonne, les chevaux de débardage possèdent leur métier sur le bout des sabots.


En unissant leurs efforts à ceux des hommes et en se mettant au service de la planète en danger, ils retrouvent une légitimité perdue avec l’arrivée explosive du moteur. Cette nouvelle génération de débardeurs, qui a fait de l’environnement son cheval de bataille, apporte la preuve que dans les pays les plus développés, la traction animale dans des zones spécifiques répond à des nécessités environnementales longtemps ignorées mais désormais au coeur de l’actualité.

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